
ConseilsMarketing.fr à le plaisir d’accueillir Yann Gourvennec un des plus fins spécialistes du Web. Yann nous explique les raisons pour lesquelles certains manager craignent les réseaux sociaux…
Après l’article précédent (8 raisons pour lesquelles etc.), où je décrivais l’histoire d’amour – souvent pleine de malentendus – de bien des marketing managers avec les médias sociaux, voici le revers de la médaille, avec l’analyse des craintes et autres arguments plus ou moins rationnels qui font que les médias sociaux sont, parfois, détestés dans les entreprises. Je m’attarderai ici à débusquer les mythes et à analyser les raisons profondes derrière ces réactions, du moins celles que j’ai pu percevoir au travers de mon expérience professionnelle, mais nul doute que d’aucuns d’entre vous pourrons rajouter leurs commentaires afin de partager leurs propres exemples.
Voici donc mes 7 raisons pour lesquelles, à tort ou a raison, (certains) managers détestent les réseaux sociaux :
Raison N°1 : La peur de perdre le Contrôle…

La 1ère de ces raisons est motivée par la peur : « ces conversations en ligne pourraient être dangereuses et nous allons perdre le contrôle de la situation » : il est vrai qu’au centre de la philosophie des médias sociaux, il y a le moteur de l’interaction entre les employés, les clients, les partenaires et les membres des écosystèmes au sein desquels tous ces gens évoluent.
Cette interaction est directe et l’échange franc est débarrassé des obstacles de la hiérarchie et de l’organisation.
Il y a souvent cette impression, presque plus en interne qu’en externe d’ailleurs, que plus on va laisser les membres de ses écosystèmes parler entre eux, plus cela va amener à dénigrer la marque.
Ainsi, de trop nombreux managers ont-ils une vue négative de ces discussions, comme s’ils doutaient eux-mêmes du pouvoir d’attractivité et de sympathie de leur marque.Ainsi, leur désir de tester d’améliorer la fidélité à la marque est-elle émoussée par cette crainte de se voir critiqué.
À moins que ce soit uniquement la peur d’être sanctionné en interne du fait que, grâce aux médias sociaux, les critiques envers votre marque seront enfin visibles ? Et c’est ainsi qu’on se prive à mon avis de la possibilité d’évaluer et d’agir sur la fidélité à sa marque au travers d’une relation directe en ligne alors même que la plupart de ces discussions sont menées par des personnes qui, à la base, ont déjà prouvé un intérêt pour votre marque.
Car dans le fond, c’est bien là l’essence même d’une marque, à savoir « ce que les gens en disent dès que vous avez le dos tourné » (probablement une citation de Jeff Bezos, le patron d’Amazon, même si de nombreuses versions de cette phrase existent).
En fin de compte, bonnes ou mauvaises, ces discussions auront bien lieu car les médias sociaux (alias web 2.0) ont déjà permis – sans attendre l’autotrisation de votre département communications – à tous les internautes de s’exprimer librement.
Mon conseil serait donc justement de vous laisser convaincre et de plonger dans les médias sociaux pour vous atteler à ces discussions au lieu de faire semblant de croire qu’elles n’existent pas. Il y a plus de potentiel que de risque quand vous y réfléchissez bien.
Reprenons ce que disait Ken Kaplan d’Inteln lors de la conférence BlogWell de fin 2008 à San Jose : « rien ne sert de craindre les médias sociaux, apprenez plutôt à les utiliser ! ».
Raison N° 2 : Le Risque Juridique…

La deuxième raison des réticences communes à l’encontre des médias sociaux pourrait se traduire par l’impression souvent exprimée que « les réseaux sociaux sont un champ de mines juridique ».
Un bon nombre de responsables marketing sont rebutés par les risques induits par l’adjonction de commentaires ou de rétro-liens (alias trackbacks, c’est-à-dire les liens faits par d’autres blogs ou plate-formes de réseaux sociaux sur vos articles) sur des contenus propres à l’entreprise.
Ceux-ci, en effet sont souvent perçus comme une menace qui, venant de l’extérieur, échappe au contrôle de l’entreprise. Pourtant, si j’en crois mon propre conseil juridique, « les juristes qui font bien leur travail s’imposent non comme des censeurs dont le rôle est de faire peur, mais plutôt comme de véritables partenaires en affaires, capables de conseiller » (je le site sans le nommer, de peur qu’on nous le débauche ;-) ).
Et c’est avec lui que nous avons trouvé une issue juridique protectrice de l’ensemble de nos sites 2.0, afin de tranquilliser le management et surtout de protéger la marque. Comme quoi cela est bien possible.
En outre, les mécanismes de modération doivent être mis en place afin de permettre de prévenir des dommages collatéraux qu’il ne convient pas en tout cas d’exagérer au-delà du raisonnable (le rédacteur en chef d’un site est néanmoins juridiquement responsable des contenus qu’il héberge et donc aussi des commentaires qu’il contient, et il convient de se protéger des risques normaux liés à la diffamation notamment).
La gestion de crise en médias traditionnels me semble quant à elle plus difficile à gérer et beaucoup plus délicate que la crise en ligne – malgré les idées reçues – car ces commentaires, pour directs et même potentiellement agressifs qu’ils soient, vous laissent un droit de réponse alors que celui-ci est plus difficile à exercer dans un média traditionnel.
Que vaut en effet une mise au point déconnectée du contenu originel et publiée dans un journal six mois plus tard, sous forme de jugement administratif ?
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